Le F-16 a été développé par un consortium réunissant les Etats-Unis, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège, et plus particulièrement par General Dynamics (racheté par Lockheed Martin en 1993) pour les USA. Il est issu du YF-16, un prototype de chasseur léger commandé par l'US Air Force en 1972 suite à l'expérience de la guerre du Viêt-Nam, pendant laquelle aucun avion américain n'était apte à affronter les Mig en conditions de combat tournoyant et de supériorité aérienne.
Le premier vol du F-16 se déroula le 2 février 1974, et le second prototype s'envola le 9 mai 1974. Après avoir remporté la compétition contre le Northrop YF-17 Cobra, la production en série débuta en janvier 1975. Bientôt des améliorations furent apportées pour donner au F-16 une capacité d'attaque au sol, grâce notamment à un nouveau radar et à un système de navigation tous temps. Pour la France, le F-16 était le concurrent direct du Mirage F1 sur les marchés internationaux.
Le F-16A (premier modèle de série) fit son premier vol le 7 août 1978. Il était alors propulsé par un turboréacteur Pratt & Whitney F100-PW-200 d'une poussée de 6,2 tonnes en sec et de 10,7 avec post-combustion. Le F-16C, une version plus lourde et beaucoup plus polyvalente, qui sert encore de nos jours aux améliorations successives de cet avion, entra en service le 19 juin 1984. Une nouvelle version désignée à l'origine F-16C Block 60, destinée aux Émirats arabes unis, a été rebaptisée F-16 E.
Le 4 300e exemplaire a été livré mi-2006 et la production devrait continuer encore jusqu'aux années 2010 pour l'export. Le F-16 est mis en service par près de 19 pays, soit environ 4 000 exemplaires en activité. L'US Air Force en a reçu 2 231 (dernière livraison le 18 mars 2005). Il est également construit sous licence dans certains pays comme la Turquie, Israël ou la Corée du Sud. Il existe enfin des dérivés du F-16 qui sont produits au Japon et à Taiwan, par exemple le F-2 construit par Mitsubishi.
Engagements [modifier]
Les premières opérations de combat du F-16 eurent lieu quand Israël bombarda le site de la centrale nucléaire irakienne d'Osirak le 7 juin 1981 avec 8 de ces appareils et 6 F-15. Il servit ensuite au Liban contre les forces aériennes syriennes en 1982 dans de violents combats.
Le F-16 a été engagé dans de nombreux conflits et n'a pour l'heure (2005) jamais officiellement été abattu en combat aérien.
Il fut utilisé à plusieurs centaines d'exemplaires durant la guerre du Koweït dans les rangs des aviations de la coalition.
Durant les guerres en ex-Yougoslavie des années 1990, les F-16 des nations de l'OTAN ont effectué de nombreuses missions de surveillance et fait quelques raids et combats aériens en Bosnie-Herzégovine.
Il est intervenu de façon plus massive durant la guerre du Kosovo en 1999 ou des F-16 néerlandais et américains abattirent plusieurs MiG-29 de l'Armée populaire yougoslave.
Il sert en Afghanistan depuis fin 2001 dans les rangs des forces aériennes européennes et américaines.
Depuis 2003, il est utilisé en appui au sol des forces de la coalition en Irak.
Anecdotes [modifier]
A la fin des année 1980, les États-Unis ont pu acquérir une centaine de missiles air-air soviétique Vympel R-73, les Allemands, récupérant les MiG-29 de l'armée est-allemande, leur fournirent un lanceur. Au cours de simulations de combat aériens rapprochés, la surprise fut totale. Le Mig-29, équipé d'un viseur de casque, gagna 49 fois en 50 engagements contre des F-16 équipés d'AIM-9M Sidewinder. Toutefois, dans tous les autres cas de figure (engagements multiples / utilisation des capacités look down/shoot down), tous les avions américains opposés au MiG-29 l'ont emporté. Le missile AA-10 Alamo, en particulier, ne possède pas l'efficacité de l'AMRAAM, le Fulcrum étant en outre dépourvu de la capacité "fire and forget".
Les F-16 égyptiens portent des bandes d'identification oranges (sur leur camouflage bleu ciel) pour qu'on puisse les distinguer des F-16 de l'armée de l'air israélienne.
Pour améliorer la visibilité du pilote, la verrière en polycarbonate du F-16 ne possède pas de montant. Elle est donc plus épaisse que les autres pour pouvoir résister à un impact éventuel d'oiseau. Ce choix a pour conséquence de rendre impossible l'éjection au travers de la verrière, ce qui fait perdre quelques centièmes de seconde au pilote pour s'éjecter.
Dans les années 1980, L'US Air Force a voulu remplacer ses A-10 par une version adaptée du F-16 : le A-16. Non seulement, on n'a jamais pu installer le canon de 30 mm du A-10 dans la structure de l'avion (il dégageait trop de chaleur) mais les F-16 modifiés se sont révélés moins précis que les A-10 lors de la première guerre du Golfe. En effet, monté en pod sous la voilure, le canon de 30 mm vibrait trop et la vitesse d'approche du F-16 était trop grande pour que le pilote puisse avoir le temps d'ajuster son tir. De plus, le F-16 était plus vulnérable à basse altitude (il n'est pas blindé) et surtout beaucoup plus coûteux que le rustique A-10.